voici une critique de nicolas giguère sur le livre de sonia. pour aller voir le site :
Amour et souffrance au quotidien
Parmi les genres littéraires, s'il en existe un qui soit relégué aux oubliettes au détriment de genres dits « plus nobles » tels que la poésie, le théâtre, le roman ou l'essai, c'est probablement le conte. Fort injustement, d'ailleurs. Trop souvent associé à l'univers strictement enfantin, le conte dépasse largement la simple naïveté pour interpeller le lecteur. Et c'est ce que montre Sonia Ben Abdallah avec son conte Dolce et Duchesse à la Cité des Ombres, le quarante-quatrième titre publié aux Éditions du Mécène.
L'histoire du livre demeure dans la lignée du conte traditionnel : une jeune créature du nom de Duchesse, fort belle, devient éperdument amoureuse de Dolce, un génie qui lui permet de réaliser sept v½ux. Duchesse choisit de passer le reste de ses jours avec lui, jusqu'à ce que Dolce, un jour, sans avertir sa dulcinée, quitte le foyer douillet pour partir à l'aventure. À partir de ce moment, une grande analepse, qui forme d'ailleurs la grande partie du conte, explique les origines de Dolce et les motifs de sa quête. Le lecteur est alors convié à entrer dans un monde fantastique où s'entremêlent le magique et l'utopique et où s'affrontent le bien et le mal. Une galerie de personnages, dont Artus, la géante Rébecca, Lucia, le mage et bien d'autres, s'imposent tantôt en adjuvants, tantôt en opposants au héros, l'aidant dans sa quête ou l'empêchant à tout prix d'arriver à ses fins, dans un monde où il essaie de répondre à ses angoisses existentielles quant à la souffrance et à l'amour et où il doit affronter maintes épreuves, dont la traversée de la Rivière de la Mort, l'hydre à sept têtes et la créature de l'enfer. De son côté, Duchesse part à la recherche de sa douce moitié, et après plusieurs péripéties, où Dolce frôle la mort, les deux amoureux sont enfin réunis.
Les chapitres du conte, clairement identifiés, ajoutent à la limpidité du texte, ainsi que les extraits en exergue, qui donnent le ton quant au contenu. Les images de l'auteure, colorées, renouvelées et inusitées, enrichissent son propos et permettent de percevoir des réalités, comme l'amour et la souffrance, avec des yeux et des mots neufs. Enfin, les illustrations de Dérick Samson, fort à propos et détaillées, recréent avec brio les personnages inventés par l'auteure.
En fait, le conte de Sonia ben Abdallah, disponible dans le réseau de points de ventes des Éditions du Mécène et via le site Internet de la maison d'édition, n'a rien des productions mièvres à la Walt Disney qui envahissent le marché : ce texte propose une réflexion sur l'existence, la mort, et surtout sur deux thèmes qui jalonnent toute l'½uvre : l'amour, partageant une frontière poreuse avec la haine, cette dernière l'emportant parfois, et la souffrance, doublée des injustices de ce bas-monde. En ce sens, il ne s'adresse non pas seulement aux enfants, mais à tous, puisqu'il recèle des valeurs universelles qui touchent tout humain. Dolce et Duchesse à la Cité des Ombres, à une époque où guerres et conflits sans buts se multiplient et dans une société blasée où l'amour se résume à quelques prouesses, relève donc d'une criante actualité.
Nicholas Giguère
Amour et souffrance au quotidien
Parmi les genres littéraires, s'il en existe un qui soit relégué aux oubliettes au détriment de genres dits « plus nobles » tels que la poésie, le théâtre, le roman ou l'essai, c'est probablement le conte. Fort injustement, d'ailleurs. Trop souvent associé à l'univers strictement enfantin, le conte dépasse largement la simple naïveté pour interpeller le lecteur. Et c'est ce que montre Sonia Ben Abdallah avec son conte Dolce et Duchesse à la Cité des Ombres, le quarante-quatrième titre publié aux Éditions du Mécène.
L'histoire du livre demeure dans la lignée du conte traditionnel : une jeune créature du nom de Duchesse, fort belle, devient éperdument amoureuse de Dolce, un génie qui lui permet de réaliser sept v½ux. Duchesse choisit de passer le reste de ses jours avec lui, jusqu'à ce que Dolce, un jour, sans avertir sa dulcinée, quitte le foyer douillet pour partir à l'aventure. À partir de ce moment, une grande analepse, qui forme d'ailleurs la grande partie du conte, explique les origines de Dolce et les motifs de sa quête. Le lecteur est alors convié à entrer dans un monde fantastique où s'entremêlent le magique et l'utopique et où s'affrontent le bien et le mal. Une galerie de personnages, dont Artus, la géante Rébecca, Lucia, le mage et bien d'autres, s'imposent tantôt en adjuvants, tantôt en opposants au héros, l'aidant dans sa quête ou l'empêchant à tout prix d'arriver à ses fins, dans un monde où il essaie de répondre à ses angoisses existentielles quant à la souffrance et à l'amour et où il doit affronter maintes épreuves, dont la traversée de la Rivière de la Mort, l'hydre à sept têtes et la créature de l'enfer. De son côté, Duchesse part à la recherche de sa douce moitié, et après plusieurs péripéties, où Dolce frôle la mort, les deux amoureux sont enfin réunis.
Les chapitres du conte, clairement identifiés, ajoutent à la limpidité du texte, ainsi que les extraits en exergue, qui donnent le ton quant au contenu. Les images de l'auteure, colorées, renouvelées et inusitées, enrichissent son propos et permettent de percevoir des réalités, comme l'amour et la souffrance, avec des yeux et des mots neufs. Enfin, les illustrations de Dérick Samson, fort à propos et détaillées, recréent avec brio les personnages inventés par l'auteure.
En fait, le conte de Sonia ben Abdallah, disponible dans le réseau de points de ventes des Éditions du Mécène et via le site Internet de la maison d'édition, n'a rien des productions mièvres à la Walt Disney qui envahissent le marché : ce texte propose une réflexion sur l'existence, la mort, et surtout sur deux thèmes qui jalonnent toute l'½uvre : l'amour, partageant une frontière poreuse avec la haine, cette dernière l'emportant parfois, et la souffrance, doublée des injustices de ce bas-monde. En ce sens, il ne s'adresse non pas seulement aux enfants, mais à tous, puisqu'il recèle des valeurs universelles qui touchent tout humain. Dolce et Duchesse à la Cité des Ombres, à une époque où guerres et conflits sans buts se multiplient et dans une société blasée où l'amour se résume à quelques prouesses, relève donc d'une criante actualité.
Nicholas Giguère